Contexte
Article publié sur Substack par Bear Grylls. Il invite à agir malgré des conditions imparfaites, comparant l’art de saisir une fenêtre météo en montagne à la façon dont on remet sans cesse à plus tard des projets personnels, et propose d’en retirer un de la liste des « pas encore » cette semaine.
Article traduit
On s’imagine souvent que les jours d’ascension se choisissent des semaines à l’avance sur un calendrier de beau temps parfait. Ciel dégagé, pas de vent, rocher sec et chaud. Quiconque a grimpé en haute montagne connaît la vérité. Le jour parfait n’arrive jamais. Il n’existe que des fenêtres exploitables, courtes, chancelantes et jamais tout à fait conformes à ce que l’on avait commandé, et tout l’art des montagnes consiste à reconnaître une fenêtre exploitable et à bouger quand elle arrive. Les alpinistes qui attendent la perfection rentrent chez eux.
La liste des « pas encore »
Nous perdons plus de bonnes choses au profit du « pas encore » que de l’« non ». Nous portons tous une liste des « pas encore », et nous connaissons les éléments par cœur. La conversation que nous aurons quand le moment sera « juste », les excuses et les pardons en attente de la bonne ouverture, la remise en forme qui commence lundi puis le lundi suivant, l’idée dans le tiroir qui a juste besoin d’un peu plus de réflexion. Rien n’est refusé, tout est reporté, et le report paraît tellement plus sage que la peur.
Ce dernier mot est le plus honnête, et je me place en première ligne. Attendre des conditions parfaites est le plus souvent la peur déguisée en veste sensée. Cela ressemble à de la patience et ressemble à de la sagesse, et cela enterre discrètement plus de rêves que l’échec n’a jamais l’occasion de le faire.
Ce que la montagne enseigne
Sur un gros sommet, on part pour le sommet dans l’obscurité, dans un vent qu’on aimerait plus léger, avec une prévision qui dit peut‑être. On y va parce que la fenêtre est exploitable et parce que la montagne ne nous doit pas mieux. La moitié de l’habileté dans le sauvage tient exactement à cela : agir avec engagement total malgré des conditions incomplètes. Attendez d’être certain, et vous serez certain dans le parking.
L’entraînement fonctionne de la même manière. Les séances qui nous façonnent ne sont presque jamais celles où nous nous sentons prêts. Peu et souvent, par mauvais temps, bat le héroïque et rare dans tout ce qui vaut la peine d’être tenté. La préparation se révèle souvent être une rumeur. Le plus souvent, on commence, et la préparation nous rattrape en chemin.
Qui regarde le vent
Il y a une ligne dans l’Ecclésiaste, écrite pour les cultivateurs et les terres, comme si elle avait été écrite pour nous tous : « Celui qui regarde le vent ne sèmera pas ; celui qui observe les nuages ne moissonnera pas. » Étudiez le ciel assez longtemps et vous trouverez toujours une raison de laisser la graine dans la grange. Pendant ce temps, la saison passe, car les saisons ne négocient pas.
Et je remarque que Dieu donne rarement des conditions parfaites avec Ses appels. Pierre n’est pas sorti du bateau par temps calme. Le pas de foi se fait dans une eau agitée ou ce n’est pas vraiment un pas. Cela n’enlève rien à l’importance de la préparation ; l’entraînement compte, l’équipement compte, le travail préparatoire compte. Mais vient un moment où la fenêtre s’ouvre, imparfaite et exploitable, et tout dépend de notre décision d’agir.
Cette semaine
Donc, une chose de moins sur la liste des « pas encore ». Choisissez l’élément que vous connaissez par cœur, celui qui a tressailli en vous en lisant ceci. Les conditions cette semaine seront imparfaites, ce qui les rend normales. Faites‑le imparfaitement, cette semaine, dans le vent qui souffle.
Dans mon prochain article, je raconterai l’histoire de l’affaire la plus lente que j’ai jamais conclue, et pourquoi la lenteur a gagné. Et le dimanche suivant, une nouvelle série commence ici : Points d’ancrage, huit épisodes sur ce qui nous soutient vraiment quand le temps tourne.
N’abandonnez jamais.
Bear
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